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L'île de Zanzibar

Après l'ascension du Kilimandjaro et le safari, mon aventure Tanzanienne continue à Zanzibar. Situé à seulement quelques dizaines de kilomètres des côtes africaines, cet archipel posé dans l’océan Indien est un véritable petit paradis. L'île la plus connue de l'archipel se nomme Unguja, c'est là que j'ai atterri en avion.

Je viens à Zanzibar pour me reposer après toutes les aventures déjà vécues en Tanzanie. Je veux une douce pause ensoleillée avant de rentrer dans le froid des hivers alpins. Au final, je trouverai bien plus que ça : une île riche en culture, avec une population accueillante, des plages paradisiaques, une eau turquoise, des activités hors du commun, une faune unique et un rythme de vie apaisant.

Mon arrivée au paradis

En arrivant à Zanzibar je n'ai aucune information sur l'archipel. J'ai simplement vu quelques photos de plages et de kitesurf sur Google image. Ça a suffit à me convaincre. À l'atterrissage je ne sais même pas où je vais dormir. Je prends la première auberge de jeunesse au bord de l'océan que je trouve sur l'application Hostelworld. J'irai donc à Jambiani. Objectif : me poser et recharger les batteries. Arrivé au Jambiani Backpackers Hostel, je dors toute la matinée. J'avais trop de fatigue accumulée.

Après la sieste, je pars à la plage qui est à une centaine de mètres derrière mon logement. En arrivant, je prends une énorme claque visuelle. Je n'avais jamais vu un sable aussi blanc, aussi fin, aussi pur. Je n'avais jamais vu une eau aussi bleue, aussi chaude, aussi cristalline. Je n'en crois pas mes yeux, c'est irréel ! Je suis comme un enfant, le sourire jusqu'aux oreilles et simplement heureux. Cet après-midi là, en pleine euphorie, je nage littéralement dans le bonheur. Ce voyage en Tanzanie va de surprises en surprises, je suis comblé !

Apprentissage du kite surf

Sur la côte est de Zanzibar, à Paje, les conditions sont idéales pour faire du kitesurf. Le vent est régulier, l'eau est chaude et le lagon offre une grande zone d'eau peu profonde au fond sablonneux. Je me dis que c'est l'endroit idéal pour débuter et essayer ce sport. Je ne l'ai jamais pratiqué mais il m'a toujours attiré alors comme l'occasion se présente, autant tenter ! En plus, mon auberge de jeunesse est juste à côté.

Depuis mon auberge de jeunesse, il faut 20min à pied ou 5min en stop pour se rendre à Paje. Il est très simple de trouver un tuktuk pour faire le trajet. Chaque jour je suis littéralement pris en 2min, contre un tarif dérisoire. Ce qui va me coûter cher, c'est de prendre les cours de kitesurf. Le premier jour, entre deux baignades, je passe dans chaque boutique sur la plage pour comparer les offres. Je n'ai plus trop de budget en cette fin de voyage mais j'ai espoir de trouver un bon compromis. Souvent, on me propose un tarif à la semaine avec plusieurs sessions de cours puis de la location de matériel en autonomie. Ce sont les "packs débutants". C'est avantageux, mais si jamais le vent tombe et qu'on ne peut plus faire l'activité, j'aurais payé pour rien. Faites attention à ça.

Après une longue recherche et de bonnes négociations, un club veut bien me faire des cours particuliers par sessions de 2h, sans engagement, moyennant un tarif de 50€. Parfait, ça sera mon activité chaque matin de 10h à 12h ! En plus, j'ai un ami rencontré sur le Kilimandjaro qui a les mêmes horaires dans son club. On mangera ensemble après nos cours pour débriefer de nos avancées. Lui, ayant réservé à l'avance avec un professeur francophone, paye deux à trois fois plus que moi.

Les cours se passent bien, mais le kitesurf est une discipline bien plus complexe que je ne l’imaginais. Je crois que je n’ai jamais mis autant de temps à progresser dans un sport. D’abord, il faut apprendre à maîtriser la voile. Ensuite, réussir à se lever sur la planche. Et enfin… coordonner les deux en même temps, tout en gérant la direction et les virages. C’est extrêmement technique. En revanche, j'ai été surpris par le fait que ce ne soit pas particulièrement physique. Le vrai défi est mental et technique, pas musculaire.

Malgré le temps d’apprentissage, l’expérience reste très agréable. Il y a pire que de tomber à répétition dans un lagon turquoise, sous un soleil éclatant. En plus mon professeur est super sympa. Il me rajoute même une heure gratuite chaque jour sans que je ne lui demande quoi que se soit. Après quelques jours, je commence enfin à comprendre les sensations. Il faut un vrai temps d’adaptation, mais une fois que la glisse arrive c’est addictif. Un sport fantastique pour les amateurs de sensations (même si mon cœur reste fidèle au surf).

Tous les membres du kiteclub me l’avaient dit : il faut plusieurs jours pour commencer à se débrouiller. Je confirme. Prenez des cours, vraiment. Une fois, ma voile est tombée à l’eau et le vent m’a tracté bien plus loin que prévu. Impossible de lutter. J’ai dérivé sur plusieurs centaines de mètres. Sans encadrement, la situation aurait pu devenir délicate. Le kitesurf est incroyable, mais ça ne s’improvise pas.

Safari Blue

Parmi les excursions de l'archipel, les “Safari Blue” sont des incontournables. Malheureusement ils sont souvent associés aux sorties avec les dauphins. Le gros problème est qu'il n'y a aucun respect des cétacés. Ils se font pourchasser pour faire plaisir aux touristes et sont constamment perturbés. Ce n'est clairement pas ma vision du tourisme, je m'y refuse. Il faut aussi faire attention aux sanctuaires à tortues. Elles sont enfermées dans des bassins à quelques mètres de l'océan, en bien trop grand nombre, pour que les touristes puissent venir nager avec elles. Encore une fois, une pratique immonde à bannir.

Dans les excursions classiques proposées, il y a aussi une option centrées uniquement sur la découverte des lagons, des bancs de sable et des fonds marins. C'est ce que je choisi de faire. Nous partons sur un grand bateau en bois, direction des bancs de sable éphémères, qui apparaissent et disparaissent au rythme des marées. On y reste le temps de se baigner et de déguster un énorme plateau de fruits frais. Il est aussi possible de faire un barbecue de poissons et langoustes.

Ensuite vient le moment du snorkeling. On remonte dans le bateau pour s'éloigner un peu du rivage, on enfile palmes, masque et tuba, puis on plonge dans l'eau transparente à 30 degrés. En-dessous de nous, des récifs coralliens peu profonds. Les poissons tropicaux évoluent autour de nous, ils sont très jolis. Ce n’est pas la plongée la plus spectaculaire au monde, mais l’expérience reste agréable. Une très belle sortie même si les fonds marins ne sont pas aussi riches que ceux que j'avais pu observer en Indonésie. Je n'irai pas spécialement à Zanzibar pour le snorkeling, mais quand on y est il ne faut pas s'en priver !

La suite de la journée continue sur la même lancée. On passe d'île en île pour observer la beauté des lagons et nager avec les poissons tropicaux. Journée de rêve et décors paradisiaques assurés !

Forêt de Jozani

Quand on pense à Zanzibar, on imagine spontanément les plages paradisiaques. Pourtant, au cœur de l’île, la forêt de Jozani offre un tout autre décor. Cette immense espace composée de 5000 hectares de nature vierge, est nommée comme réserve de la biosphère par l'UNESCO, prouvant son caractère unique.

Plus qu'une forêt, la réserve couvre tout le parc national de Jozani Chwaka Bay. On y retrouve une zone marine, où vivent de nombreux poissons et tortues de mer. Puis une zone de mangrove, où j'ai vu de nombreux crabes, crevettes et petits poissons atypiques. Et enfin, toute une partie où c'est réellement la forêt qui prédomine !

C'est le lieu de vie de deux espèces de singes : le singe bleu et le colobe rouge de Zanzibar, une espèce endémique que l’on ne trouve nulle part ailleurs au monde. C'est notamment ce primate que je suis venu essayer d'observer.

À l'entrée du parc, on nous indique que le guide est obligatoire. Le tarif par personne est de 12€ et on part en petit groupe d'une dizaine de personne. Le sentier ombragé dans la forêt est très agréable. En une dizaine de minutes à peine on trouve de premiers singes : les singes bleus. Ils ne sont pas craintifs du tout et passent à quelques mètres seulement. La proximité est impressionnante et les singes, dont des jeunes, sont très mignons et expressif !

Quelques minutes plus tard, c'est au tour des colobes rouges ! Je suis face aux fameux singes endémiques de cette forêt. L'observation est une nouvelle fois privilégiées. Je passe de longues minutes avec eux, quelle chance !

Un peu plus tard, alors que l'on marchait sur le sentier, une souris-éléphant apparaît. J'essaye tant bien que mal de prendre en photo ce petit animal furtif. Quand je relève la tête, je remarque que je suis seul, abandonné par le groupe. Me voilà perdu dans la forêt de Jozani.

Aucunement en détresse, je me balade tranquillement pendant une bonne heure en cherchant mon chemin. Je vois énormément de singes dont beaucoup de bébés. Sans sortir du sentier et sans rien demander, ils s'approchent de moi. Un jeune colobe rouge me saute même dessus. Même sans vouloir le toucher, avec son passage furtif sur mon bras, je peux vous dire que leur pelage est vraiment tout doux.

Finalement je sors du parc et termine l'après-midi en mangeant des fruits frais achetés sur des stands au bord de la route. Je rentre par les bus publics que seuls les locaux prennent. Ça ne coûte rien et ça rend l'expérience plus authentique !

Pêche avec les locaux

Dans les activités vendues sur les plages, en tout petit, loin derrière l'observation des dauphins, on peut trouver " pêche avec les locaux ". Étant né sur la côte Atlantique, avec des grands-parents fans de pêches, cela m'a tout de suite plu. Je réserve l'activité pour le soir même.

Une heure avant le coucher du soleil, j'embarque à bord d’un bateau traditionnel avec Captain Jackson et son frère. Nous sommes à bord d'un dhow, une de petite embarcation à voile, faites en bois, typiques de Zanzibar et de la côte est africaine. Pour pêcher, nous allons aller à la limite du récif, là où l'eau devient plus profonde. Pour y aller, il faut une trentaine de minutes de navigation à la voile dans le lagon d'eau turquoise en face de Jambiani. Sur place, une quinzaine de bateaux se regroupent dans la même zone et sortent leur matériel.

Je suis le seul touriste. Les pêcheurs sont 100% au naturel et l'ambiance est très joyeuses. Ils se parlent entre les bateaux et semblent passer un bon moment tous ensemble. Pour pêcher, seulement des fils de pêche au bout desquels sont alignés deux hameçons. Comme appâts, des petits morceaux de tentacules de poulpe séchés. On passera une bonne heure à tenter d'attraper des poissons pendant que le soleil se couche sur l'horizon. Notre équipage en attrape un total de sept. Quatre pour Jackson, trois pour son frère, aucun pour moi. Je suis un peu déçu du résultat mais la sortie en mer était idyllique. En discutant avec mon capitaine du jour, il m'apprend qu'on peut aussi pêcher en pleine journée et que ça mord plus facilement. Nous irons dès le lendemain !

Cette deuxième tentative est la bonne. Ancrés dans les eaux bleues du lagon, avec huit mètres de profondeur et de nouveaux appâts, tout devient plus facile ! En deux heures nous sortons une dizaine de poissons chacun. Alors que la veille les prises étaient toutes d'un gris uniforme, aujourd'hui il y en a de toutes les couleurs. Une vraie oeuvre d'art !

Captain Jackson me propose de repartir avec nos poissons mais je préfère qu'il les garde. Il m'invite alors à venir les manger chez lui le soir même. C'est le genre d'expérience que je viens chercher en voyage alors j'accepte directement. Le soir je découvre son habitation et la façon qu'il a avec sa famille de préparer le repas. C'est très rudimentaire, les locaux ici sont assez pauvres. Mais ça me fait énormément plaisir. Pour moi le voyage c'est ça : des moments de partages et de découvertes à l'autre bout du monde.

C'est d'ailleurs ce qui m'a plu à Zanzibar. Chaque jour j'allais jouer au foot sur la plage avec les locaux pendant le coucher du soleil, j'allais pêcher avec captain Jackson en journée, je testais de nouveaux fruits, je me déplaçait dans les bus publics, je parlais avec tout le monde. En quelques jours je me suis senti chez moi et j'avais mes petites habitudes. Ce fût difficile le dernier soir quand mes copains du foot m'ont dit " À demain l'ami " et que j'ai du leur dire que je repartais. Zanzibar, une parenthèse d'une incroyable douceur qui restera gravée à jamais dans ma mémoire. Une note positive qui clos ce chapitre merveilleux que fût la Tanzanie.

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