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Maroc : entre Atlas et Sahara

Pour cette nouvelle aventure, je pars une fois de plus avec des abonnés. Direction le Maroc, avec deux objectifs : gravir le mont Toubkal et découvrir le désert du Sahara.

Avant de nous lancer dans l’aventure, notre point de rendez-vous est Marrakech. C’est là que tout le groupe se retrouve. Pour cette expédition, nous sommes cinq : Gabriel, Manon, Matthieu, Yturbe et moi-même. Seul Matthieu m’est familier, puisque nous étions dans le même collège.

Dès notre arrivée au Maroc, on prend un véritable bain de soleil et de chaleur. Après un long hiver en France, ça fait un bien fou. Il fait beau, la nourriture marocaine est excellente, l’architecture n’a rien à voir avec celle que l’on connaît chez nous, et l’atmosphère nous plonge instantanément en mode vacances. Nous n’avons pas beaucoup de temps pour visiter Marrakech sur le moment, mais nous y reviendrons deux jours à la fin de notre périple pour nous reposer. Au programme : couscous, visites culturelles, achats de souvenirs, bronzette et hammam. Parfait après l’effort.

Toubkal - Jour 1

Lorsque le groupe est au complet, nous prenons un minibus pour se rendre jusqu'à Imlil. C'est le village de départ pour l'ascension du Toubkal. Nous y arrivons de nuit, le paysage nous sera révélé le lendemain à l'aube.

Au réveil, il fait grand beau. Même si les températures sont plus fraîches qu’à Marrakech, de doux rayons de soleil viennent nous caresser le visage dès le petit déjeuner pris en terrasse. Le groupe s’entend bien, l’ambiance est excellente. Je suis content : tout le monde est heureux d’être là et de bonne humeur. Je me dis que je suis bien tombé, ces vacances s’annoncent vraiment agréables.

Une fois nos sacs terminés, nous rejoignons notre guide Mohammed pour les dernières explications avant le grand départ. En plus de lui, une mule (et son muletier) porteront la nourriture et deux sacs avec nos vêtements pour l'ascension finale. En effet, il nous faudra deux jours pour faire l'ascension.

La première étape, celle du jour, fait 13km et 1400m de dénivelé positif. Elle va nous permettre de rejoindre le refuge du Toubkal à 3200m d'altitude. Nous partons directement de l'hôtel, sacs sur le dos et bâtons en mains. Nous traversons Imlil, puis montons à travers des champs en terrasses où sont cultivés de nombreux fruits. Après quelques kilomètres, nous entrons officiellement dans le parc national. À partir de là, la présence d’un guide est obligatoire. Pour quelqu’un habitué à faire de la montagne, cela peut sembler contraignant, mais ici, c’est la règle, même si le sentier paraît simple et peu exposé.

Nous marchons pendant plusieurs heures, à notre rythme. Nous ne sommes pas pressés. L'essentiel est de profiter de l'expérience et de ne pas trop se fatiguer avant la tentative de sommet du lendemain. Je m'arrête acheter un bonnet, on fait une grande pause tajine, on fait des blagues et on continue d'apprendre à se connaître. C'est vraiment chouette !

En fin de journée on arrive au refuge. Le temps se couvre et au moment de manger le repas du soir il se met à neiger. Ça se complique...

Toubkal - Summit push

À 5h du matin, il neige encore. Le moral en prend un coup. On est à 3200m et on doit monter jusqu'à 4167m. Ça s'annonce compliqué. Je consulte mes quatre compagnons, pas certain qu'ils veuillent se lancer dans un chantier pareil. Ils ne connaissent pas grand chose à la montagne, mais si le guide et moi pensons qu'il y a une chance, alors ils veulent essayer. On ira sans pression, l'objectif n'est pas de se mettre en danger ou de se dégouter de la montagne.

Dehors, l'ambiance est apocalyptique. Il fait nuit, il neige dans tous les sens, on ne voit pas à plus de 5-6m. Il ne faut pas trop se séparer sinon on disparaît. Pendant 2h nous avançons côte à côte dans le blizzard. Bizarrement, nous sommes quand même tous heureux d'être ici et cette situation peu ordinaire nous fait rire.

Au bout d'un moment, à 3750m d'altitude, nous arrivons sur une sorte d'arête (ou de replat). Difficile de se rendre compte du relief quand on est au beau milieu d'une tempête de neige. Toujours est-il que l'intensité du vent augmente fortement. Les bourrasques sont glaciales, la neige de plus en plus profonde. La météo annonçait un ressenti -20 degrés, nous y sommes. Les conditions sont dantesques. 90% des groupes font demi-tour.

De notre côté, Manon et Yturbe commencent à vraiment avoir froid. Comme des groupes rebroussent chemin, on leur propose de rentrer avec eux. Elles me demandent s'il y a une petite chance qu'on arrive au sommet si l'on continue. Ma réponse est simple : si on continue à ce rythme, on va geler. Si on augmente la cadence, on a une chance.

Elles décident d'essayer. Je me lance, devant, pour faire la trace et leur montrer le rythme que nous devons avoir. J'avance pendant cinq minutes. Quand je me retourne pour voir comment le groupe va, il n'y a plus personne derrière moi. Leurs frontales sont bien loin. J'ai multiplié la cadence par deux, les autres, s'enfonçant dans la neige, l'ont divisée par trois. Je me rends à l'évidence, continuer serait dangereux. La décision est prise, on fait demi-tour. Échec de la mission à 3800m, il n'y aura pas de sommet du Toubkal pour nous. Mais c'est déjà bien, on a vécu un moment hors normes et le groupe s'est dépassé. Pour la première fois de leur vie ils sont allés à plus de 3000m, c'est déjà une belle performance !

Toubkal - retour à Imlil

En rentrant au refuge tout le monde se rendort pour 2h. C'est bien mérité. Après la sieste, je sors prendre l'air. Improbable, il y a un grand soleil ! Avec Gabriel on veut repartir ! Malheureusement le guide refuse... frustrant. Je suis agacé mais ce n'est pas grave, je reviendrai. Je ferai un jour ce foutu sommet à la journée, en courant. L'heure est à la redescente et à l'admiration du massif de l'Atlas sous la neige. Nous passons d'une tempête glaciale à une tempête de ciel bleu, pour le plus grand plaisir de nos yeux.

De retour à Imlil, nous sommes accueilli avec un festin et une bonne douche. De quoi nous remettre sur pied après deux jours intenses. Dès le lendemain, nous reprendrons la route dans notre van direction Ouarzazate.

Les couleurs de l'Altas

La troisième journée m'a énormément plu même si nous avons passé de longues heures sur la route. Le trajet entre Imlil et Ouarzazate fait traverser le massif de l’Atlas et offre une succession de paysages spectaculaires. Tout au long du trajet, les reliefs se parent de nuances rouges, ocres et orangées. Des couleurs peu communes, presque irréelles, qui donnent aux paysages une identité unique. Entre petits sommets, gorges et villages pittoresques, le trajet était un vrai régal pour les yeux. Avoir un point de vue sur toutes ces routes sinueuses depuis le Tichka Pass était aussi un moment fort du trajet !

En redescendant progressivement des sommets, le décor change radicalement. Nous faisons une pause dans un restaurant avec piscine, et le contraste est saisissant : hier nous affrontions une tempête de neige à –20 degrés et maintenant nous sommes sur un transat au bord de l’eau sous un soleil brûlant. Près de cinquante degrés d’écart en 24h !

La route nous mène ensuite à Aït Ben Haddou, le plus célèbre des ksars marocains. Ce village fortifié, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a servi de décor à de nombreux films et séries, parmi lesquels Gladiator, Lawrence d’Arabie, Prince of Persia ou encore Game of Thrones. Un lieu fascinant, à la frontière entre oasis et désert, dominé par les montagnes du Haut Atlas. Le ksar est charmant est très atypique. J'adore !

Pour finir, nous sommes enfin arrivés à Ouarzazate et on a fini la journée sur un terrain vague à jouer au foot avec des enfants pendant le coucher de soleil.

Désert du Sahara

On appelle Ouarzazate la porte du désert marocain, mais il nous a fallu faire encore un peu de route pour y arriver. Après une journée entière, c'était long...

Nous sommes arrivés à l'heure du déjeuner pour manger notre tajine journalier, puis nous nous sommes lancés dans une balade en dromadaires. 2h en plein soleil, mais bien équipés. Ça ne m'a pas dérangé le moins du monde, j'avais besoin d'emmagasiner de la chaleur après un hiver dans les Alpes et une ascension dans le blizzard. Surtout, je découvre un type de climat et de paysages totalement nouveau pour moi. C’est la première fois de ma vie que je me retrouve dans un environnement aussi aride.

Après la balade en dromadaire, nous montons dans un 4x4 qui nous emmène droit vers les vraies dunes de sable, celles que l’on voit dans les films ou sur les fonds d’écran. Notre campement pour la nuit se trouve à Erg Lihoudi. Le désert nous ouvre enfin ses portes.

Avec mes quatres compagnons d'aventure on passe une soirée merveilleuse. D'abord, le coucher de soleil, admiré depuis le sommet des dunes, est vraiment très beau. Le sable est chaud, la vue splendide, le calme absolu. Il n'y a que nous, ensemble, perdus au bout du monde. Un sentiment que j'adore !

Le repas du soir se fait à l'air libre, avec vue sur les dunes alentours. Au menu, encore et toujours tajine et thé marocain. Mais sur un court séjour, on apprécie toujours autant ! La fin de soirée est rythmée par une session musique traditionnelle et danse autour du feu. De quoi clore cette belle aventure.

Nous restons encore un long moment dehors, dans les dunes, à regarder les étoiles et faire du light painting (technique de photographie). Gabriel reste même dormir toute la nuit dans le sable chaud.

Le lendemain après avoir regardé le lever de soleil, nous rentrons à Marrakech où nous passerons deux jours à nous détendre. Un séjour intense mais très riche ! Je recommande d'y aller mais peut-être de prendre

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